Le programme complet est ici !

Ceci dit, le montage étant terminé, je vais enfin pouvoir le diffuser par ici, en Bretagne ou ailleurs…

Alors, si vous etes intéressés, vous connaissez un cinéma, une médiatheque, une association que cela pourrait intéresser, faites moi signe !

Vous trouverez une fiche de présentation ici !

Alors à tres bientot !

Alors c’tait bien ?

Le retour est une étape dont on ne connait pas la durée.
Mon vélo Amzer-zo m’a propulsé vers Brest à une vitesse fulgurante !
Mes pensées ont eu du mal à tenir le rythme…

Arrivée !

Une belle traversée de Dartmoor en Angleterre, lande magnifique de mystères et désolation, sous un beau cie l qui m’a valu des coups de soleil ! Si, si, personne ne voulait me croire, mais j’ai bien pris des couleurs chez nos voisins Britanniques.
J’arrive à Plymouth, la dernière ville en Angleterre, au bord de la manche. Parfum de départ. ville de passage où un flot incessant de voyageurs partent et viennent avec leurs bagages pleins d’émotions.
Je me fais héberger chez Marie, française, et passe donc la soirée à parler Français, prémices de ce qui m’attend de l’autre côté !
Choisir ses mots car ils peuvent avoir un sens caché ou péjoratif, c’est toute une gymnastique à laquelle je ne suis plus habitué qui se met en place dans mon cerveau.

Je prends donc le ferry le jeudi 18 Avril au matin. Le vélo bien amarré, tout petit à côté des camions dans la grande cale. C’est parti pour 6h de traversée sur une mer calme et toujours avec le soleil.

Mes parents m’attendent au débarcadère de Roscoff avec de très bons amis à eux, voyageurs aussi. Une banderole d’accueil confectionnée par ma mère et une amie, des cris de joie fusent.
Belle soirée de réacclimatation à parler voyage, tout et rien, tout simplement apprécier la présence de mes parents et amis.

Puis samedi 19 Avril, le jour J, départ de Roscoff à 9h.
Derniers Km, accompagné cette fois de mon père et un ami à lui.
Il fait beau, vent dans le dos.
Les Km défilent presque trop vite alors que je voudrais savourer chaque instant. Arrêt à la plage de Keremma pour humer, admirer les vagues.
St Meen, Trégarantec, Ploudaniel, c’est la “tournée des aïeux”. Le Léon d’où ma famille est issue. Finir par pédaler par là est un véritable retour aux sources. Mon père me raconte des histoires de son enfance que je n’avais jamais entendues. Voyage dans le temps.

Au bourg de Ploudaniel, à 25Km de Brest, une dizaine d’amis et les parents de Jonathan m’attendent pour finir l’aventure jusqu’à Brest ensemble. Pic-nic où je ne peux pas m’arrêter de parler avec tout le monde ! Allez hop on repart. Je suis énervé, stressé, bousculé par les émotions qui me traversent de part et d’autres sans savoir comment les gérer. Des souvenirs, des rires, des paroles à mi-mots, des regards. Parfois un rien suffit à me propulser très loin dans mes pensées.

Tout ça en pédalant sur des petites routes qui de plus en plus me sont familières. Reconnaitre ma route sans carte ou sans demander la direction est nouveau pour moi ! Sentiment de retour, d’appartenance aux lieux.
Je suis “chez moi”.

Lors de l’approche du port du Moulin Blanc, je comprends.
Je comprends tout ce qui a pu se passer dans la tête de Bernard MOITESSIER (parti de Plymouth en 1968 mais qui ne franchira jamais la ligne d’arrivée de la première course autour du monde à la voile en solitaire sans escale) alors qu’il était sur le point d’arriver après son tour du monde. Lui est reparti, ne voulant pas arrêter, trop bien sur son bateau.
A ce moment, j’ai littéralement un flash-back dans la tête.
Je revois le jour du départ, sous la pluie incessante.
Mes parents pleurent, ça tombe bien il pleut.
Tout se ralentit dans ma tête, je voudrais que ce moment dure éternellement. Non, ça ne peut pas être ça. Déjà à Brest ? Déjà le retour ? Comment est ce possible. Rien n’a changé et pourtant il s’est passé tellement de choses…

Oui. C’est pourtant bien ça. Les enfants de mes cousins sont là, à vélo, à 1Km de l’arrivée. Dernier peloton à nous rejoindre pour une arrivée joyeuse ! Eux n’ont pas oublié de grandir.

Je veux ralentir, ralentir, arrêter le temps, repartir, faire demi-tour, je suis trop heureux sur mon vélo…

A 1 Km de là, j’aperçois presque déjà une petite foule venue me voir.
Puis à peine quelques coups de pédales plus tard me voici arrivé.
Sans même m’en être rendu compte, je suis là, face au bar bien nommé, “le tour du monde”, d’où je suis parti il y a 2 ans.
Les enfants m’ont accompagné avec leurs beaux tee-shirt aux couleurs de Volun’tour. Sans doute que tous ces gens venus m’accueillir sont ceux qui m’ont poussé et aidé à ne pas me défiler.

Mon corps est là, maladroit ne sachant que faire sous le regard des gens ayant suivi l’aventure. Les photos, les sourires, les regards interrogateurs. Tout le monde attends. Attendre quoi ?

Un ptit mot ont ils l’air de dire.
Alors, oui, en effet j’ai préparé un ptit mot, dans le ferry.
Des remerciements, plein, car (et ça n’est pas très original) sans beaucoup de gens, ce projet n’aurait jamais pu se faire !

Voici dans les grandes lignes ce ptit mot retranscrit (sans les broderies improvisées):


Ces derniers temps j’ai tout cuisiné à la sauce “dernier” !
Le dernier pad-thai en Thailande, le dernier ananas, le dernier sourire, le dernier Km à vélo en Asie, le dernier regard, la dernière nuit… Bref tout me paraissait finir, alors que non, il est évident que cette aventure est belle et bien terminée à vélo, mais cela est une parfaite occasion pour changer de regard sur tout ce qui m’entoure et y voir un renouveau !

Une parfaite occasion pour penser différement. Pour digérer mon voyage, le partager, le vivre avec plus de recul, le confronter aux idées Européennes, Françaises, Bretonnes… Prendre le temps de vivre ce renouveau. Penser au présent sans trop conjuguer au futur mais bien comprendre ce qu’il se passe ici et maintenant.

Je suis déjà arrivé il y a 2 semaines, physiquement du moins.
Mes pensées ont vaguement divagué, mollement pris le chemin du retour, toutes penaudes de ne plus être stimulées chaque jour de tant de nouveautés. Ce voyage a été géographique mais aussi mental. Au tréfonds de mes idées je n’ai entrevu que les prémices de moi-même.

A voir ce qu’il y a vraiment au fond de tout ça !

Aujourd’hui, c’est le début du reste de ma vie.

Arrivée à Brest le 19 Avril 2014

Bonjour à tous !

Voluntour se termine très bientôt !
Eh oui après 24 mois de pédalage (et pauses par moment) entre Brest et Haiphong puis quelques déambulations en Asie du Sud-Est, me voici sur le retour, vraiment :)

Je vous écrit de Brighton en Angleterre.
Oui, un ptit tour au Royaume Uni pour manger des fish & chips, m’améliorer en Anglais..

Il y a énormément de choses qui me surprennent, me choquent de retour en Europe.
Je vous laisse lire ce post: Retour vers Brest

Voici des précisions quant à mon arrivée à Brest !

L’arrivée à Brest est prévue le samedi 19 avril 2014 au bar “le tour du monde” sur le port de plaisance . L’heure de départ de Roscoff à vélo est fixée à 9h.

Les motivés qui veulent pédaler avec moi les derniers Km ont plusieurs options:

Voici l’itinéraire prévu:

Afficher l’itinéraire

 

L’heure d’arrivée est prévue entre 15h et 16h.

Nous allons tout faire pour arriver dans cette tranche horaire.
Soyez juste compréhensif sur le fait que je ne peux pas vous doner un “horaire SNCF” :)

Vous êtes donc cordialement invité à venir assister à l’arrivée, boire un coup et profiter du soleil ! (Il fera forcément beau ce jour là, c’est ainsi !)

 

Retour vers Brest

J’ai pris l’avion (par défaut n’ayant pas trouvé de bateau) de Bangkok vers Amsterdam. Retour en Europe après plus d’un an en Asie.

Lorsque je quitte Bangkok à 6h du matin en direction de l’aéroport en tuk-tuk, le conducteur ne se doute pas de tout ce qui se passe dans ma tête !
Des mois passés à pédaler en Asie du sud-est, des dizaines de rencontres, des paysages exotiques tout comme la nourriture et la météo ! Tout est tellement différent de l’Europe. La météo y est chaude toute l’année, la nourriture y est forcément différente, les gens vivent dans la rue car il fait trop chaud à l’intérieur, le sourire est de règle quelque soit l’émotion que l’on traverse.

Bref, beaucoup de choses me passent par la tête. Je suis très émotif à ce moment, à voir défiler la ville qui s’éloigne de moi, trop vite, en tuk-tuk. Je passe un bras par la fenêtre pour tenter de sentir cet air pollué chaud de la ville de Bangkok une dernière fois. Cette grosse ville, c’est pas mon truc. Mais c’est tout ce que j’ai vécu dans la région au sens large que je quitte et qui me reviens à la gueule, tel un boomerang que j’aurais lancé le plus fort possible en espérant ne jamais voir revenir.

Mais oui c’est bien ça. Il faut que je rentre en Europe. Ma famille et amis y sont. Et nous serons contents de nous revoir ! Les enfants ayants suivi les aventures des Volun’tour aussi !

Le vol passe à une vitesse folle ! 14h de vol pour 24 mois de voyage par la terre. ça n’est définitivement pas humain cette façon de voyager.

Tout le monde ma parait stressé, pressé à l’aéroport de Oslo où je fais escale. Auraient il un avion à prendre ? Fini les sourires, fini les fruits frais à 0,50€, fini les sandales, short et tee-shirt. Je dois me munir d’un pull, pantalon et chaussures, objets qui m’ont été étrangers pendant les 10 dernier mois. Curieuse sensation d’avoir mes pieds engoncés dans des chaussures fermées !

Mon vélo n’arrive pas à l’aéroport d’Amsterdam. Moi je suis bien là physiquement, mes pensées, elles, ont décidé de prendre leur temps pour rejoindre mon corps. Pour le moment elles hésitent encore à rester en Asie.

Henk et Reina m’accueillent les 2 premières nuits, ils sont même venus me chercher à l’aéroport ! Génial ! Je dois gérer l’histoire de mon vélo qui a décidé de passer une nuit de plus à Oslo (très certainement en compagnie d’une jolie bicyclette Scandinave aux grandes roues…)

Il mettra 4 jours à arriver. Pendant ce temps je vais chez d’autres cyclistes qui m’hébergent via le site warmshowers.org. Enfin le vendredi matin je peux aller remonter et réparer mon vélo chez Nazca avec les concepteurs-fabricants de mon vélo !

Puis enfin, à vélo je descends vers la Belgique et enfin Lille où mes parents viennent me rejoindre ! Ils n’ont pas pu attendre. C’est génial de les revoir en vrai après si longtemps. Ma soeur arrive le soir, surprise ! Nous sommes tous les 4 réunis ce qui n’avait pas eu lieu depuis Novembre 2012 ! De belles retrouvailles tranquilles.
Mon pote Yves nous héberge. Je revois aussi des potes pas vus depuis mon départ.

Parler Français me fait très bizarre. Je veux parler trop vite à la vitesse de la pensée. Découvrant de nouveau la puissance et faiblesse du langage. J’en ai mal à la tête d’écouter toutes les conversations à la fois sans savoir me concentrer sur une fréquence vocale…

Tout est différent ici. La nourriture: beaucoup de blé, patates, produits à base de lait, moins de fruits. Les gens sont plus distants, il fait plus froid, tout parait plus organisé, même trop parfois.

Je pars de Lille en direction de l’Angleterre par le Ferry Calais-Dover.
Une visite à nos voisins Brittaniques, un fish&chips et je prendrais de nouveau le ferry pour arriver à Roscoff !

Il y a tellement de choses qui se passent dans ma tête que je ne sais pas que dire de plus ! Par où commencer ?

Un tour de vélo m’aidera à y réfléchir…

Myeik et Kawhthoung

Les derniers Km de Dawei à Myeik sont très sympas car je sais que ce sont les derniers en Birmanie.

La zone plus au sud de Myeik est encore fermée aux touristes et de toute façon la route est en très mauvais état d’après des collègues cyclistes qui y sont passés mais escortés par la police…

Donc je ralentis le rythme à un point rarement atteint dans ce voyage ! J’admire, je prends le temps de m’arrêter dès que l’on m’interpelle et ça arrive souvent par ici ! Je me fais inviter à faire la sieste dans une maison sous les regards de tous les enfants alors que je m’étais allongé tranquilement dans une plantation d’hévéa. Je discute comme je peux, bref je prends le temps plus que jamais, et c’est agréable, vraiment.

La veille d’arriver à Myeik je m’arrête dans un monastère alors qu’il commence à faire nuit. Et demande à rester dormir pour la nuit. Les moines ne veulent pas ou préfèrent ne pas avoir de souci avec la police. Finalement je reste car un gars d’origine pakistanaise baragouine (du Breton “pain et vin”, “bara ha gwin”, parler à peu près) 2/3 mots d’anglais. Il finit par m’inviter à manger chez lui. J’ai laissé comme d’habitude ma balise SPOT à clignoter pour me géolocaliser auprès de ma famille.

Il se met à pleuvoir ! Miracle ! ça détend l’atmosphère qui était lourde depuis ce matin, ça tombe pendant une bonne demi-heure, le temps de manger et discuter avec mon pote.

Je dors dans le monastère et à 23h la police – soit disant, ils n’ont pas d’uniforme ni de badge – vient me réveiller alors que je dors bien profondément après ma journée de vélo. Je les envoie paître, ils n’ont pas badge, je dors et demain je pars, ça vous va ? ça va, un peu !

Le lendemain j’arrive à Myeik, la ville portuaire la plus active de Birmanie. C’est un défilé de bateau de pêche, de marchandises, de passagers. Un joyeux bordel où les dockers font encore tout à bout de bras, des sacs de riz sur le dos vers une barque qui ira vers un autre gros bateau, qui lui même ira loin, ailleurs…

J’adore cette agitation qui vaut vraiment tous les spectacles ! Des dockers en longyis portant des sacs de riz sous les cocotiers. ça fait exotique et sympa mais je peux vous assurer qu’ils en bavent car il fait chaud au soleil.

Alors que je passe devant un salon internet, je consulte mes emails avant de prendre le bateau le lendemain vers Kawthoung, la ville frontière avec la Thailande. Mon ordi ne fonctionne pas, j’insiste sur un autre, et là très lentement ça charge. Vive la censure qui filtre tous mes emails ! Et là que vois-je ? Mes parents s’inquiètent car ma balise SPOT a envoyé un message de demande d’aide, une des fonctions en cas de problème. Sauf que je n’ai pas appuyé sur ce bouton ! Mes parents ont contacté l’ambassade de France à Yangoon, la police me cherche, le quai d’Orsay a lancé une cellule de crise pour organiser à distance ma recherche… Oh le bordel… Je crois que pendant que je mangeais et en attendant la pluie de cesser, un jeune moine a du appuyer sur un bouton voyant la balise clignoter… Je réponds donc que tout va bien et explique ma version des choses. Je leur ai fait très peur, j’y suis pas pour grand chose mais tout va bien ! Ouf !

En Birmanie, dans un tea-shop ou un restau, les clients apellent les serveur/ses en faisant un son de baiser très puissant, cela interpelle le serveur qui vient alors voir ce dont le client a besoin. Plutôt poétique !

Quand un Birman donne quelquechose à quelqu’un il a toujours tendre la main droite avec l’objet à donner et poser la main gauche dans le creux du coude droit. Geste élégant et poli.

Le 18 Février, je prends donc le bateau de Myeik à Kawthoung, 7h sur la mer d’Andaman à scruter les îles au loin, les pêcheurs, les poissons volants. Toute cette zone regorge d’îles inexplorées par les touristes pour le moment…

J’ai haï ce pays pour ses routes qui n’en sont pas, le gouvernement qui empêche la population d’héberger les touristes ou même d’aller dans l’hotel que l’on veut.

J’ai adoré ce pays pour sa population, des surprises tous les jours, il n’y est pas facile de voyager mais c’est ce qui en fait un défi quotidien à relever.

Ces 27 jours exactement ne m’ont permis tout juste que d’effleurer ce pays qui accueillait 300 000 touristes en 2010 quand la Thaïlande plus petite en recevait 14 Millions !

Mais j’en garde une question à laquelle je ne saurais répondre: le tourisme est il une bonne chose pour l’avenir de ce pays ou non ?

Dawei, plages et pistes poussiéreuses

J’ai décidé de consacrer plus de temps au sud du pays, de Mawlamine à Kawthoung.

Cette partie du pays est ouverte aux touristes depuis seulement 3 mois !

Je quitte Yangoon avec un mal de bide qui me fatigue. Le temps du bus de nuit ça va mieux. Arrivée à 3h du matin à la gare routière, je négocie avec un policier pour pouvoir dormir une paire d’heures dans la “police station”. Le matin je prends la direction du sud, sur cette péninsule à peu près inexplorée côté Birman et visitée à outrance côté Thai à moins de 50Km à l’Est.

J’ai repéré un monastère qui accueille des étrangers, Pa Auk Forest Monastery. On y vient pour apprendre la méditation basée sur l’attention de la respiration: Anapassati en Pali, langue du Bouddha.

Je ne pense pas y rester longtemps mais suis curieux de visiter ce lieux où vivent près de 1000 personnes réparties dans la forêt, au calme, à méditer.

Je vous passe le cours de méditation qui est une démarche personnelle. Et de surcroit je n’y connais rien pour en parler. Tout se passe à l’intérieur. Comme dit le petit prince: “L’essentiel est invisible”. Sachez juste que vous pouvez découvrir cette forme de méditation dans plusieurs centre dans le monde y compris en Europe (France, Belgique..) lors de sessions de 10 jours… Pour les curieux tapez “Anapanassati” ou “Vippassana” sur votre moteur de recherche préféré…

Pas de bol je suis malade à nouveau au Monastère, j’y reste donc 3 nuits quand j’avais pensé y rester une seule. Lorsque je repars, je me rend compte que je n’ai pas entendu un bruit de moteur ou autre perturbation sonore des 3 derniers jours !

Retour sur la route avec mon vélo qui intriguait tant les moines.

Je m’arrête manger dans une gargotte au bord de la route, sors tout mon vocabulaire Birman, et ça y est: “Il parle Birman !” On commence à me causer de la pluie et du beau temps ! Hola doucement l’ami, j’adorerais te comprendre mais j’ai juste dit “Bonjour, comment ça va ?”

Je commande à manger toujours en pointant du doigts, un peu de ça et de ci. Le tout accompagné de riz bien entendu.

Un repas coûte 800 à 1200 Kyat, soient entre 60 cts et 90 cts d’euro !

Et dans ce ptit restaurant, aujourd’hui ils m’offrent le repas ! Cela faisait longtemps que je ne me suis pas vu offrir à manger ! Et ici, dans un pays où le peuple est très pauvre, eh bien oui, c’est ici qu’on m’offre un repas ! Toujours et encore le même refrain… Les pauvres donnent tout ce qu’ils ont…

Ici les gens sont certes pauvres financièrement mais je sens une solidarité profonde. Le fait de m’offrir un repas n’était pas par pitié mais plutôt par envie d’aider un voyageur avec un vélo bizarre qui fait un ptit effort pour dire 2/3 mots en Birman. Les gens n’ont que peu de travail, les routes sont défoncées et si quelqu’un a un problème toujours on verra un passant donner un coup de main. La vie n’est pas facile alors on s’entraide.

Et je le sens même sans parler la langue du pays. Regardez ces regards directs et profonds qu’ont ces enfants ou adultes pris en photo ! J’aime cette humanité qui dépasse la barrière de la langue.

J’arrive à Dawei à 6h du matin. J’ai parcouru 100Km à vélo après être sorti du monastère. Vu de beaux villages, un marais salant, une rivière ou 2. il est 16h lorsque j’arrête un camion pour me prendre en stop. Il va me déposer 200 Km plus loin à Dawei, à 6h du matin. 14h de route pour 200 Km de piste, route pourrie c’est le moins qu’on puisse dire.

A Dawei je dors dans l’hotel le moins cher et tombe forcément sur les quelques touristes illuminés venus voir ce qui se passe par ici. Il y a de belle plages ici. Finalement les répliques de celles qui se trouvent côté Thai, à la différence près qu’ici il n’y a pas des millions de touristes mais personne. Il y a 3 mois on ne pouvait pas circuler ici en tant que touriste ! Avec Thomas, Français, nous partons explorer à scooter les plages à 35Km de Dawei. Et c’est bluffant ! Pas un chat sur une plage de sable blanc imaculé de plusieurs Km de long ! Pas moyen de dormir au bord de l’eau il n’y a pas un hotel en vue. Quelques touristes par ci par là mais faut bien les chercher.

Je repars après 3 nuits à Dawei, un Longyi en poche pour m’habiller comme les hommes Birmans. Direction le Sud.

A 80 Km de Dawei – route toujours merdique, je bouffe de la poussière – je bifurque à Ya Nge, village du bord de route. D’après ma carte pas très précise, je suis à moins de 5Km de la mer, allons explorer ! Je tente de me faire comprendre en mimant un gars qui nage pour demander si par là, à droite, je peux trouver la mer. Oui, par là. Allez hop !

Et j’ai bien fait, malgré la route secondaire d’un niveau encore plus délabrée, je me trouve au bord d’une plage déserte mis à part quelques pêcheurs !

Il est 14h, je me baigne en laissant mon vélo sous un cocotier – véridique :) Puis prend une douche au puits en ayant pris le soin de demander si je peux utiliser quelques seaux pour me laver à la famille qui habite là.

Le cadre est tellement reposant et beau que je tente de voir si je ne pourrais pas dormir là… Et là encore je sais que la police peut débarquer même en pleine nuit car c’est interdit. Et contre toute attente la famille accepte sans problème ! Je jubile !

Je pars alors faire un tour à vélo sur la plage vide au coucher du soleil, moment magique !

Repas avec la famille, j’ai contribué avec des soupes instantannées. Ce soir c’est poisson ! Ha ahaha ! ça doit être souvent poisson par ici j’me dis… Mais frais le poisson, difficile de faire plus frais ! On est à 20m de l’eau.

Le matin j’assiste à la séance de maquillage au Tanaka et mange avec eux avant de repartir des étoiles dans les yeux de ma nuit au bord de la mer. Sachant qu’à chaque instant la police aurait pu venir me demander de partir, j’ai encore plus savouré !

La nuit suivante je la passe dans un monastère et manque de peu de me faire embarquer à dormir au poste de police… J’ai négocié durement en rigolant avec le policier… Finalement c’est ok ! Il s’en est fallu de peu.

Puis à Palaw, je tombe sur Aung Kyaw Myint, pompier. Je lui dit que je veux explorer les plages alentour et me voici embarqué sur son scooter à visiter une pagode au bord de l’eau, sa famille et amis… Il voulait me faire dormir dans la caserne, mais là la police est venue, a scrupuleusement regardé chaque page de mon passeport pendant 20 min pour conclure que je devais aller à l’hotel. Y’en a un seul c’est pas compliqué !

Les routes sont désastreuse mais les gens formidables de curiosité et gentillesse !

Je navigue entre plages désertes et forêts d’hévéa.